Qu’est-ce qu’une AMAP ?

Si vous souhaitez consommer de bons produits frais de saison tout en soutenant l’implantation et l’essor économique de nos producteurs locaux, adhérer à une AMAP peut vous intéresser…

 

Une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) a pour objectif de préserver l’existence et la continuité des fermes de proximité et de permettre à des consommateurs d’acheter à un prix juste des aliments de qualité, en étant informés de leur origine et de la façon dont ils ont été produits, et de participer activement à la sauvegarde et au développement de l’activité agricole locale dans le respect d’un développement durable. Elles adhèrent à un réseau et à une charte.

Depuis les premières créations en 2003[1], les AMAP d’Île-de-France se sont multipliées, portant à 260 le nombre des AMAP en 2012 et à 300 en 2016 (30 groupes sont en cours de création, mais il y a pénurie de maraîchers et de producteurs, surtout certifiés bio, en Île-de-France), travaillant aujourd’hui avec 235 producteurs nourrissant en produits locaux plus de 15 000 familles adhérentes à une AMAP. En Seine-et-Marne, on compte une cinquantaine d’AMAP « officiellement déclarées », c’est-à-dire, adhérant au réseau des AMAP d’Île-de-France. Basé sur des partenariats innovants et responsables entre exploitants et consommateurs, le contrat AMAP est devenu un levier pour qu’une autre forme de dynamique agricole puisse exister à travers des circuits courts et des engagements environnementaux. Mais si l’offre de « circuits courts » a littéralement explosé (un agriculteur sur cinq vend aujourd’hui en circuit court), le mouvement des AMAP représente une véritable opportunité pour l’agriculture régionale : loin de s’en tenir à l’ouverture de nouveaux débouchés commerciaux, le principe du contrat AMAP repose sur des principes de solidarité, de salaire décent pour les producteurs, de transparence, de respect de l’environnement et de proximité.

Chaque année, au mois de mars, le Réseau des AMAP d’Île-de-France organise son assemblée générale.

À l’origine[2], les AMAP répondaient à la demande de citadins désireux de créer des liens, sans intermédiaire, avec les producteurs situés à proximité des villes. Les AMAP ont un tel succès aujourd’hui qu’à Paris, par exemple, (où on en répertorie une quarantaine) ou en proche banlieue, il devient difficile d’intégrer ce type d’organisation, tant les listes d’attente sont longues ! Les associations se multiplient, mais les maraîchers de proximité ne sont pas assez nombreux pour répondre à la demande et les terres agricoles en territoire périurbain difficiles à préserver.

Mais, malgré la faible densité de population et la concurrence des potagers des jardins familiaux, ce type d’organisation a tendance à se développer également dans les campagnes, renforçant ainsi les liens entre « ruraux » ou « néoruraux » qui souhaitent développer leur lieu de vie et lutter contre l’enclavement du monde rural dont ils peuvent souffrir par ailleurs (phénomène inverse de la désertification des campagnes qui est sensible depuis plusieurs années). En effet, beaucoup de Franciliens quittent les grands centres urbains où l’immobilier est à un coût prohibitif et font évoluer les campagnes par l’influence qu’ils y exercent par leur mode de vie et de pensée. Parmi ceux-là, beaucoup de « natifs », aussi, rentrent se réinstaller au « pays ».

Visite chez un producteur

Toutefois, il serait dommage que les AMAP soient considérées comme des clubs fermés de « bobos », qu’ils soient « citadins » ou « néoruraux » – au pays du fromage et du vin, on a tendance à rapidement coller des étiquettes – car l’impact sur le développement économique et la structuration des campagnes et de ses paysages est bien réel. Si la mission principale du réseau des AMAP Île-de-France, qui est la structure régionale de ce mouvement, demeure la promotion et l’aide à la création d’AMAP, il mobilise aujourd’hui une bonne partie de son énergie à multiplier des actions visant à favoriser l’installation de jeunes producteurs, en impliquant également les groupes de citoyens et les collectivités locales. Par ailleurs, il mène des actions pédagogiques auprès des populations et tend à sensibiliser les pouvoirs publics pour rendre accessible au plus grand nombre ce type d’organisation. En effet, même si les produits ne sont en réalité pas plus chers que dans le commerce, lorsqu’ils ne sont pas tout simplement moins chers, cette participation peut rebuter les adhérents potentiels car l’engagement financier annuel peut faire peur. Par conséquent, globalement, les adhérents des AMAP d’Ile-de-France appartiennent plutôt à la classe moyenne et/ou supérieure, même si ces différences sont moins fortes dans le monde rural. Des efforts de solidarité entre consommateurs méritent d’être entrepris, par l’intermédiaire des élus et des associations et des AMAP elles-mêmes et de leurs adhérents, pour élargir le cercle des amapiens.

Le réseau Inter-AMAP sud 77, regroupe aujourd’hui une vingtaine dAMAP, dont les plus proches de chez nous sont : Les Pâtissons du Montois à Donnemarie-Dontilly et La Courgette rieuse dont les lieux de distribution, sont à Toussac (Villenauxe-la-Petite) et à Sourdun. On peut citer d’autres AMAP au nom souvent humoristique ou poétique : Le clou de girafe et La main au panier à Féricy, L’âme à Papous à Lieusaint, Les Belles Fontaines de la Vallée à Fontainebleau, ou La Chèvre et le Chou à Montcourt-Fromonville… qui pour certaines sont en relation avec les mêmes producteurs locaux.

Pour en savoir plus et adhérer à une AMAP de par chez nous, contactez les AMAP :

Les Pâtissons du Montois à Donnemarie-Dontilly et La Courgette rieuse dont les lieux de distribution, sont à Toussac (Villenauxe-la-Petite) et à Sourdun.

Je vous encourage aussi à lire mes deux articles, l’un sur la ferme du Chaillois (nos maraîchers de Thénisy) et l’autre sur l’AMAP, les Pâtissons du Montois.
[1] En Île-de-France, la 1ère AMAP démarre en octobre 2003 à Pantin (93), avec un maraîcher bio en installation à Chaussy (95). Le réseau AMAP Ile-de-France est fondé un an après.

[2] Dans les années soixante-dix, les premières expériences naissent simultanément au Japon et en Allemagne/Suisse. Dans les années quatre-vingt, le concept essaime de la Suisse aux États-Unis, puis vers le Canada et le Royaume-Uni dans les années quatre-vingt-dix, et des États-Unis vers la France en 2001.

Année 2017

La prochaine journée inter-paysans du Réseau AMAP IDF se déroulera le jeudi 12 janvier 2017 prochain à Paris (10ème arrondissements).

La thématique de la journée sera « Quelles relations entre-temps de travail, rémunération et prix de panier ? »

Programme à télécharger en cliquant sur l’image ci-dessous :

 

Auteur : Elisabeth

Créatrice et administratrice de ce blog

2 réflexions sur « Qu’est-ce qu’une AMAP ? »

  1. Bonjour.
    Beaucoup de personnes pensent que le mouvement AMAPien est militant.
    Ceci est un fait indéniable mais non limitatif !
    Car, le principe fondamental reste le partage.
    Du côté des adhérents, il s’agit du partage d’un coût de production.
    Du côté du producteur, il s’agit du partage de sa production équitablement entre l’ensemble de ces adhérents.
    Mais il s’agit aussi de partage des risques inhérents à la météorologie, que vous retrouvez de toute manière dans les circuits classiques (augmentation des prix sur les étals) et de partage d’une excellente production aussi, où là, par contre, on cherche souvent l’avantage pour le consommateur dans ces mêmes circuits classiques (où la baisse des prix n’est que relative).
    Dans le principe AMAPien, avec sa notion de partage, il n’y a pas cette fluctuation : Le consommateur s’engage à assurer un revenu décent au producteur sur la période d’un contrat, et le producteur s’engage à livrer des produits frais, de saison, sains et issus d’une agriculture locale, biologique et raisonnée.
    Ne serait-ce pas plus du bon sens, de la logique que du militantisme… ? (!!!)

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