Éditorial

Le blog d’Élisabeth a pour but de publier et de faire circuler des informations concernant le Sud-Est seine-et-marnais et de valoriser ses spécificités rurales, son histoire et son patrimoine, mais aussi de faire connaître les diverses initiatives locales.

« Allez éternellement à la rencontre. Passez par les villages ! »

C’est une promenade que je vous propose… Venez avec moi, et, vous-même, informez-moi. Échangeons nos découvertes et nos coups de cœur. Admirons le paysage et nos villages. Préservons notre nature (que ce soit celle de notre environnement naturel, ou celle de notre personnalité). Ne perdons pas notre « âme » ! Voulez-vous aussi partagez vos coups de gueule ? Il y en a, je sais. J’ai les miens aussi. Je peux décider de m’en confier ou de les taire… Au cours de mes pérégrinations, j’ai souvent la chance de rencontrer des personnalités locales, admirables d’intelligence et de lucidité, dynamiques et courageuses, avec beaucoup d’idées, de talent(s) et de détermination et à l’origine aussi d’initiatives qui développent l’offre et la diversité de notre territoire, dont il faut parler ! Tous ont envie de présenter ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils veulent faire… On se rencontre, on s’écoute, puis, la discussion peut devenir plus intime et on découvre alors chez eux comme une souffrance cachée… Celle que l’on peut ne pas soupçonner mais qui a bien été derrière le projet qu’il a fallu mener. Un point commun à beaucoup d’entre eux ? LA LUTTE !

Du courage et de la ténacité, il en a fallu… Des malentendus ? Il y en a eu ! Certains se sont dissipés ? D’autres, non. Des insultes, des injures, des « casse-toi, barre-toi, déménage », il y en a eu aussi… Des mises à l’écart ? Oui. Des préjugés, des ragots aussi stupides que mensongers ? Bien sûr qu’il a fallu les supporter et qu’il faudra les supporter encore, et qu’il y a eu des voisins pour y croire, car cela devait les arranger de voir les choses ainsi… Certains élus locaux qui n’ont ni entendu, ni compris, ni voulu… Oui, il y en a eu aussi ! Un clivage certain et malheureux et une incompréhension avec les propriétaires des « résidences secondaires », dont les volets s’ouvrent juste pour un temps, qui n’est autre qu’une simple « parenthèse », et puis se ferment sur la réalité du quotidien de ceux qui vivent ici à l’année, sans alternative : il existe aussi bien sûr. Et pourtant, que serait notre territoire rural sans toutes ces familles qui s’y installent durablement ? Des villages à l’abandon, des maisons aux volets clos qui attendent avec patience le jour du retour de la villégiature ou des maisons portant des panneaux « à louer » ou « à vendre » ? Des bourgs où les commerçants se désolent avant de fermer définitivement boutique, des écoles sans élèves, etc., ce serait juste un désert… démographique, et l’on pourrait bien alors remuer Ciel et Terre en vain. Que serait ce territoire sans ces familles à qui l’on ne dit pas « bienvenue ! », mais « j’étais là avant toi ! » ? Que dire encore ? Des jaloux, des « tartufes » ? Oui, bien sûr, il y en a eu aussi, comment cela pourrait-il en être autrement ? Des gens aussi qui tournent tellement en rond sur eux-mêmes, qui, par les lois de la physique, ne risquent qu’une seule chose : creuser un trou… Le trou de leur propre tombe ? Quelle désolation. Alors déçu(e) ? Faut-il partir vivre en ville, rejoindre le « Grand Paris », où l’on a parfois laissé des amis ? Même pas…

Je résiste. Je suis vivante. Je veux rappeler précisément « que je suis en Vie ». C’est une évidence. Je regarde passer les saisons. Je lève mon regard sur le ciel au-dessus de ma maison et aussi bien au-delà de mon jardin ou de mon village. Je regarde l’horizon ou l’orée du bois et je me dis que je me sens bien. À l’aube, je surprends le saut d’un chevreuil ou bien un renard, qui s’immobilise et me fixe avant de s’enfuir et reprendre sa chasse. Mon attention est attirée par un vol d’oiseaux migrateurs ou le battement d’ailes d’une grue cendrée. Je m’amuse de mon chat à l’affût d’une mésange bleue ou surprenant le saut d’un elfe de jardin issu d’un monde parallèle forcément invisible à mes yeux. Quand reviendront les hirondelles ? Comment se portent les abeilles cette année ? La moisson sera-t-elle abondante ? La grêle a anéanti la production de choux de nos maraîchers bio, avant que les lièvres et les lapins de garenne ne les croquent ? Comment faire pousser un rhododendron dans une terre à betterave, argileuse, tantôt collante et tantôt dure comme de la pierre ? Mon rosier grimpant n’a jamais été aussi beau l’an dernier. Il est vrai qu’ici, c’est une bonne terre pour faire fleurir les roses.

Patience, force et courage.

J’habite ici. J’y suis née. Ma famille en est originaire depuis des siècles et je vis dans l’un de ces villages. Mon compagnon se prénomme David et nous avons une petite fille.

J’ai envie de rendre hommage à tous ceux qui « animent » et « aiment » ce territoire rural du Sud-Est de la Seine-et-Marne afin de les mettre en valeur et relayer toutes sortes d’informations utiles à faire connaître à mes lecteurs. Oyez, oyez ! Voulez-vous m’y aider ? Entendez-vous, comme moi, la clameur des gens intègres et de bonne volonté ?

Bienvenue à vous tous !

Élisabeth

***

« Ce n’est que moi, originaire d’un autre village, pas très différent. Mais, soyez-en persuadés, l’esprit de l’ère nouvelle parle en moi et voici ce qu’il a à vous dire.

Continuer la lecture

 

(Peter Handke, Par les villages, Le Manteau d’Arlequin, Gallimard, 1983, rôle de Nova, p. 83-91.)

6 réflexions sur « Éditorial »

  1. Bravo Élisabeth pour ce blog ! Comme Francis, j’ai envie de m’y lancer aussi, je pense que je vais le faire, j’ai vécu des choses différentes ! Super-contente de cette plate-forme qui pourra ouvrir les portes aux activités des uns et des autres pour être dans un même espace ! Super…

    1. Oui je n’hésiterai pas. Je suis convaincue que c’est par la multiplication des actions et leur mutualisation que nous arriverons à surmonter un certain immobilisme politique envers ce qui est associatif, social, participatif. Certains politiques commencent à en parler, mais sont minoritaires. Il y a un changement de mentalité qui est nécessaire et fondamental pour amorcer un changement réel sur nos territoires !! Ton blog, notre association et la multitude d’initiatives positives qui se passent sont le terreau de ce changement !

  2. Cela faisait longtemps que je voulais me lancer dans ce type d’aventure numérique, mais plus nul que moi numériquement parlant tu meurs !
    Un blog ouvert à tous, ouvert sur les autres, ouvert aux initiatives locales, ouvert à l’optimisme, ouvert à toutes bonnes choses de la vie, ouvert à autre chose que : se plaindre et râler, et fulminer contre le reste du monde, et se lamenter continuellement… J’en rêvais, Élisabeth l’a fait !
    Alors banzaï !

    1. Merci Francis et bienvenue sur mon blog ! Il me semble que vous avez eu aussi vos propres coups de gueule et vos moments de doute et de découragement ? Je me dis que face à la « médiocrité », une arme efficace peut être de valoriser justement ce qui ne l’est pas ! C’est le but de ce blog. Je suis personnellement très honorée par votre compréhension et votre enthousiasme.

  3. Merci pour cette initiative, fort roborative, de faire résonner une voix des campagnes qui s’annonce à la fois subtile, authentique, rigoureuse et courtoise.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *