Le Petit Prince

Bonjour les enfants (et les grands)

« Le Petit Prince » est une très belle histoire, écrite en 1946 par l’auteur français, Antoine de Saint-Exupéry, qui était aussi un aventurier et un grand aviateur ! C’est une histoire très célèbre à travers le monde entier et elle a presque été traduite dans toutes les langues, pour que tous les enfants de tous les pays et leurs parents puissent la lire et la comprendre. Le livre présente aussi des aquarelles peintes par l’auteur lui-même ! Il avait vraiment beaucoup de talent(s).

Ce mois-ci, je vous propose quelques extraits de cette œuvre littéraire. Tu pourras les lire, tout seul, ou aussi avec maman ou papa. Ce livre, en effet (mais c’est un secret), est aussi destiné aux adultes. Mais parfois, ils le comprennent moins bien que les enfants. Il faudra donc peut-être que tu leur expliques, ce qu’ils n’auront pas réussi à comprendre…

De grands acteurs, ont aussi lu, en s’enregistrant, Le Petit Prince. Ce sont des disques (CD) que tu peux trouver aussi chez le libraire. De tous les enregistrements, celui que je préfère, c’est celui réalisé par Gérard Philippe en 1954 ! (Il a été un grand acteur à cette époque).

Clique ici, si tu veux l’écouter, lu par Gérard Philippe ! 

(Texte intégral, durée 33,23 minutes)

Le texte est édité en folio, (Gallimard jeunesse), pour pas cher du tout. Tu peux le demander à ton libraire ou le trouver en bibliothèque. Tu peux aussi consulter le texte (avec ses illustrations) à ce lien. Une personne a recopié le texte, avec ses illustrations (sous droits d’auteur), mais il y a quelques petites erreurs (de ponctuation et des coquilles). Ce n’est pas une édition faite un professionnel ! Je peux quand même te conseiller de demander à tes parents de télécharger la version avec les illustrations… et écouter Gérard Philippe, en regardant (et lisant) le texte en même temps.

Bonne lecture et à bientôt

Bisette

Élisabeth

***

Chapitre VIII

J’appris bien vite à mieux connaître cette fleur. Il y avait toujours eu, sur la planète du petit prince, des fleurs très simples, ornées d’un seul rang de pétales, et qui ne tenaient point de place, et qui ne dérangeaient personne. Elles apparaissaient un matin dans l’herbe, et puis elles s’éteignaient le soir. Mais celle-là avait germé un jour, d’une graine apportée d’on ne sait où, et le petit prince avait surveillé de très près cette brindille qui ne ressemblait pas aux autres brindilles. Ça pouvait être un nouveau genre de baobab. Mais l’arbuste cessa vite de croître, et commença de préparer une fleur. Le petit prince, qui assistait à l’installation d’un bouton énorme, sentait bien qu’il en sortirait une apparition miraculeuse, mais la fleur n’en finissait pas de se préparer à être belle, à l’abri de sa chambre verte. Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots. Elle ne voulait apparaître que dans le plein rayonnement de sa beauté. Eh ! oui. Elle était très coquette ! Sa toilette mystérieuse avait donc duré des jours et des jours. Et puis voici qu’un matin, justement à l’heure du lever du soleil, elle s’était montrée.

Et elle, qui avait travaillé avec tant de précision, dit en bâillant :

– Ah ! Je me réveille à peine… Je vous demande pardon… Je suis encore toute décoiffée…

Le petit prince, alors, ne put contenir son admiration

– Que vous êtes belle !

– N’est-ce pas, répondit doucement la fleur. Et je suis née en même temps que le soleil…

Le petit prince devina bien qu’elle n’était pas trop modeste, mais elle était si émouvante !

– C’est l’heure, je crois, du petit-déjeuner, avait-elle bientôt ajouté, auriez-vous la bonté de penser à moi…

Et le petit prince, tout confus, ayant été chercher un arrosoir d’eau fraîche, avait servi la fleur.

Ainsi l’avait-elle bien vite tourmenté par sa vanité un peu ombrageuse. Un jour, par exemple, parlant de ses quatre épines, elle avait dit au petit prince

Ils peuvent venir, les tigres, avec leurs griffes

Il n’y a pas de tigres sur ma planète, avait objecté le petit prince, et puis les tigres ne mangent pas l’herbe.

– Je ne suis pas une herbe, avait doucement répondu la fleur.

– Pardonnez-moi…

– Je ne crains rien des tigres, mais j’ai horreur des courants d’air. Vous n’auriez pas un paravent ?

« Horreur des courants d’air… ce n’est pas de chance, pour une plante, avait remarqué le petit prince. Cette fleur est bien compliquée… »

– Le soir vous me mettrez sous globe. Il fait très froid chez vous. C’est mal installé. Là d’où je viens…

Mais elle s’était interrompue. Elle était venue sous forme de graine, elle n’avait rien pu connaître des autres mondes. Humiliée de s’être laissé surprendre à préparer un mensonge aussi naïf, elle avait toussé deux ou trois fois, pour mettre le petit prince dans son tort.

– Ce paravent ?…

– J’allais le chercher mais vous me parliez !

Alors elle avait forcé sa toux pour lui infliger quand même des remords.

Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d’elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.

« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eût dû m’attendrir… »

Il me confia encore :

« Je n’ai alors rien su comprendre J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir ! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires ! Mais j’étais trop jeune pour savoir l’aimer. »

Chapitre XVIII

Le petit prince traversa le désert et ne rencontra qu’une fleur. Une fleur à trois pétales, une fleur de rien du tout…

– Bonjour, dit le prince.

– Bonjour, dit la fleur.

– Où sont les hommes ? demanda poliment le petit prince.

La fleur, un jour, avait vu passer une caravane :

– Les hommes ? Il en existe, je crois, six ou sept. Je les ai aperçus il y a des années. Mais on ne sait jamais où les trouver. Le vent les promène. Ils manquent de racines, ça les gêne beaucoup.

– Adieu, fit le petit prince.

– Adieu, dit la fleur.

Chapitre XX

Mais il arriva que le petit prince, ayant longtemps marché à travers les sables, les rocs et les neiges, découvrit enfin une route. Et les routes vont toutes chez les hommes.

– Bonjour, dit-il.

C’était un jardin fleuri de roses.

– Bonjour, dirent les roses.

Le petit prince les regarda. Elles ressemblaient toutes à sa fleur.

– Qui êtes-vous ? Leur demanda-t-il, stupéfait.

– Nous sommes des roses, dirent les roses.

– Ah ! fit le petit prince…

Et il se sentit très malheureux. Sa fleur lui avait raconté qu’elle était seule de son espèce dans l’univers. Et voici qu’il en était cinq mille, toutes semblables, dans un seul jardin !

« Elle serait bien vexée, se dit-il, si elle voyait ça… elle tousserait énormément et ferait semblant de mourir pour échapper au ridicule. Et je serais bien obligé de faire semblant de la soigner, car, sinon, pour m’humilier moi aussi, elle se laisserait vraiment mourir… »

Puis il se dit encore : « Je me croyais riche d’une fleur unique, et je ne possède qu’une rose ordinaire. Ça et mes trois volcans qui m’arrivent au genou, et dont l’un, peut-être, est éteint pour toujours, ça ne fait pas de moi un bien grand prince… »

Et, couché dans l’herbe, il pleura.

***

Extraits du roman Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, 1946, Gallimard.

Le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, mars 2007, Gallimard jeunesse, Folio Junior, numéro 100, 13 cm x 18 cm, 115 pages. (6,80 euros)

 

Auteur : Elisabeth

Créatrice et administratrice de ce blog

2 réflexions sur « Le Petit Prince »

  1. J’adore cette histoire et elle me rappelle l’un des derniers spectacles de mon école de danse classique à Provins, qui avait pour thème « Le Petit Prince » et où je faisais un mouton.

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